Lauréats 2017

Prix de thèse de l’AFPEC édition 2017

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La séance s’ouvre par le discours d’Evelyne Chérel-Riquier, vice-présidente de l’AFPEC et, à ce titre organisatrice de l’édition 2017 de ce prix créé en 2013.

La candidature au prix de thèse de l’Afpec 2017 était ouverte à toutes les thèses rédigées en français, soutenues entre le 01 janvier 2015 et le 31 décembre 2016, dans les domaines des sciences humaines et sociales.

Neuf candidatures ont été reçues. Ces neuf candidatures étaient recevables. Huit candidats ont préparé leurs thèses dans des établissements situés à Paris. Une candidate a préparé sa thèse en province (Strasbourg). Les disciplines des candidats sont : « Géographie humaine et régionale », « Sociologie », « Ethnologie », « Arts du spectacle, théâtre et ethnoscénologie », « Arts, histoire et théorie », « Etudes cinématographiques et audiovisuelles », « Urbanisme », « Histoire et civilisations », « Asie Orientale et Sciences humaines ».

Le jury du prix de thèse, composé de Alain Delissen (au titre de président de l’AFPEC), E. Chérel-Riquier (au titre de vice-présidente de l’AFPEC), Alain Génetiot (enseignant-chercheur extérieur à l’AFPEC), Marc Orange et Marie-Orange Rivé-Lasan (membres de l’Afpec) a examiné ces neuf thèses qui sont toutes de grande qualité.

A l’issue de leurs délibérations :

1) le jury a décidé d’attribuer le Prix de thèse de l’Afpec 2017 à Madame Chloé Paberz, pour sa thèse intitulée « La cité des héros. Ethnographie d’une petite entreprise de jeux vidéo en Corée du Sud », thèse en ethnologie dirigée par Madame Laurence Caillet, soutenue à l’Université Paris Nanterre, le 17 novembre 2016.

2) le jury a décidé d’attribuer le Prix de thèse Afpec – Choi Seung-Un (2017) «Linguistique, langages, arts et sémiologie» à Madame Jeong Ae Ran pour sa thèse intitulée « Les enjeux esthétiques et idéologiques de la musique et de la danse chosŏn de Kŭmgangsan Kagŭktan, une compagnie (nord) coréenne du Japon », thèse en Arts du spectacle, théâtre, ethnoscénologie dirigée par Monsieur Jean-François Dusigne, soutenue à l’Université Paris 8, le mercredi 20 janvier 2016.

Prix Afpec_2017_b

La présentation des deux lauréates

Mme Chloé Paberz,formée à l’ethnologie au sein de l’Université Paris Nanterre,a mené un terrain de dix-huit mois à Séoul pour sa thèse qui porte sur la définition d’une modernité sud-coréenne fortement marquée par les techniques informatiques. A partir de l’ethnographie d’une petite entreprise qui affiche l’ambition de « révolutionner l’éducation » grâce au jeu vidéo, la thèse met en évidence la grande ambivalence de l’objet jeu vidéo, perçu à la fois comme salvateur et dangereux. Les professionnels du jeu vidéo sont très intimes avec ces machines investies d’une mission sociale, mais se révèlent extrêmement critiques envers les projets de l’entreprise et de la société coréenne.

Chloé Paberz travaille aujourd’hui sur la place des artistes contemporains dans la société coréenne. Après un post-doctorat financé par une bourse du RESCOR en 2017, elle vient de commencer un second post-doctorat à l’Université Ritsumeikan de Kyoto, dans le cadre d’un programme ‘short-term’ de la Japan Society for the Promotion of Science (JSPS). Pour cette raison, elle n’a malheureusement pas pu être présente à la cérémonie, mais a été représentée par une collègue et a pu transmettre son discours.

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Mme Ae Ran Jeong a travaillé en tant que Sud-Coréenne au sein de la compagnie coréenne du Japon, qui a pour caractéristique d’entretenir des relations idéologiques et artistiques avec la Corée du Nord après avoir établi un rapport de confiance afin de se faire accepter. Il s’agit d’identifier et d’étudier, de manière individuelle ou institutionnelle, les enjeux des artistes qui ont adapté leurs choix artistiques à la situation locale dans laquelle ils se sont trouvés, entre la Corée du Nord, le Japon et même la Corée du Sud : dans un contexte où les pressions, les tensions et les clivages idéologiques sont forts et dangereux, le moindre pas des artistes, si petit qu’il soit, prend du relief.

AeRan Jeong mène actuellement un post-doctorat financé par une bourse du RESCOR (2017-2018) sur la démarche de deux danseuses coréennes du Japon, l’une (nord) coréenne et l’autre (sud) coréenne, qui ouvrent par leur art un espace de l’entre-deux entre les deux Corées, après d’avoirenseigné en tant que chargée de cours à Sangmyung University (2017) tout en assurant la direction de plusieurspièces théâtrales à Séoul.

 

Les discours de remerciements des deux lauréates

Chloé Paberz 

Chloé Paberz :

Chers amis,

Je suis très honorée de recevoir le prix de thèse de l’AFPEC2017, et je tiens à remercier le jury pour cette distinction.

L’annonce de ce prix m’a autant surprise que réjouie, et je regrette de ne pas pouvoir être présente aujourd’hui pour fêter cette bonne nouvelle avec vous.

Le travail de thèse fut long et souvent ardu, si bien que je me suis parfois demandé s’il valait la peine d’être mené àson terme. Je suis heureuse de voir que cesefforts ont porté leurs fruits ;et surtout, ce prix me réconcilie avec ma thèse dont j’avais fini par ne plus voir que les défauts !

Comme la plupart d’entre vous le savent, ma thèse examine la construction d’une modernité technique à partir de l’ethnographie d’un lieu qui lui est dédié –en l’occurrence, une entreprise de jeux vidéo éducatifs à Séoul. Les désaccords qui affleurent dansle quotidien de cette entreprise témoignent des tensions qui entourent aujourd’hui la manière dont les uns et les autres envisagent le futur de la société coréenne. J’espère pouvoir vous présenter ce travail plus en détail dès mon retour, à l’automne prochain.

Enfin, je profite de cette remise de prix pour remercierchaleureusementles membres de l’AFPEC,qui, depuis plusieurs années, m’ont apporté leursoutien, tant académique que moral. Je trinque avec vous par la pensée et vous souhaite à tous une belle soirée et une excellente année 2018 !

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Jeong AeRan

Ae Ran Jeong :

C’est un grand plaisir et un honneur prodigieux pour moi de parler en tant que récipiendaire du prix de hèse AFPEC-Choi Seung-un 2017, étant donné les grandes qualités scientifiques de l’AFPEC. Cette dernière permet de porter une attention minutieuse à la Corée, un pays apparemment minuscule, rendu plus petit en raison de la division, mais certainement pas insignifiant. La division de la péninsule conduit souvent à des tensions politiques et militaires qui concernent la communauté mondiale et rend ainsi l’AFPEC encore plus importante.

A vrai dire, la Corée ne me tenait pas beaucoup à cœur jusqu’à ce que je travaille sur ma thèse doctorale à l’Université Paris 8 et avec le soutien appuyé de la professeure Valérie Gelézeau que j’apprécie énormément. Au cours de mes études sur la Corée, en particulier sur la performance diasporique nord-coréenne de l’ère postcoloniale, j’ai redécouvert à quel point ma vie était étroitement liée et façonnée sous tous ses aspects par les deux Corées.

Je ne suis inévitablement pas affranchie de la division coréenne. Pourtant, mes études doctorales m’ont guidée sur la façon d’aimer les Corées tout en embrassant les cicatrices, les blessures et la haine douloureuse qui entourent la division.

Je me suis souvent perçue comme étant intérieurement séparée, et comme un individu faible et vulnérable. Grâce au soutien de l’AFPEC, j’ai trouvé un regroupement qui m’a donné le courage d’aller plus loin. Ce prix représente beaucoup pour moi.

Je présente tout mon respect à vous qui êtes ici, professeurs, chercheurs, et membres de l’AFPEC, qui êtes mes modèles en tant que spécialistes, pédagogues et surtout parce que vous m’inspirez dans la manière dont je peux oser faire l’apprentissage de mon pays natal, la Corée divisée.

Je vous remercie.

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