Mot du président

2014, année paire où paraît le Bulletin de notre Association –quand, on s’en souvient, les impaires sont consacrées au Prix de thèse de l’AFPEC–  est aussi l’année où, après en avoir été membre ordinaire version « étudiant » puis avoir occupé au Bureau divers sièges, y apprenant le maniement de divers outils coréanologiques –dont la calculette–, puis y avoir été membre tout à fait ordinaire, j’inaugure avec ce petit « Mot » mes fonctions de président.

Déjà irrités par la longueur tortueuse de ma première phrase, je sais nos membres en outre peu enclins aux formalités et j’imagine qu’ils me sauront gré de limiter au plus juste les laïus protocolaires. Qu’il me soit donc permis de faire simple, en vous disant à tous combien je suis fier de l’honneur qui m’est fait ; combien je suis fier de m’inscrire dans la longue durée d’une belle généalogie présidentielle ; combien je suis fier enfin de succéder à Marc Orange.

Faisant offense à sa modestie discrète, j’ai eu l’occasion, lors de récentes rencontres, de vous inviter à relire ses travaux anciens –la très étrange histoire de Dame Pak– et nous aurons sans doute l’occasion heureuse d’évoquer à l’avenir l’achèvement de son magnum opus au service des archives diplomatiques… opus tout prêt à éveiller des vocations et alimenter une nouvelle génération de travaux –ressource à saisir.

Si je ne peux sincèrement que me réjouir des signes qui, aux six coins de l’hexagone, témoignent de l’essor vigoureux, attendu, préparé des études coréennes, puis-je souhaiter parallèlement que cette vitalité sache croiser et recroiser le chemin de notre Association ? Indépendante de toute institution, affranchie de tout réseau, libre de tout préjugé, en bref démocratique et accueillante, elle est ce que nous sommes et sera ce que nous ferons d’elle – avis aux initiatives et aux actions.

Hélas, enfin et plus sobrement –avec une tristesse qui sied peu à un mot de bienvenue–, je manquerais tout à fait au 효et au 충, si je n’évoquai pas ici, même brièvement, la disparition récente des deux membres éminents de notre petite famille, que furent les professeurs Choi Seung-un et Daniel Bouchez. Nous aurons sans doute d’autres occasions de leur rendre hommage plus longuement en vous disant ce que nous leur devons.

갑오년 ‘청마(靑馬)’의 해, « année kabo du cheval bleu ». On le sait, l’animal est fougueux et intempérant : adapté peut-être aux temps incertains qui nous guettent. On me permettra de conclure avec un sijo, poésie de circonstance…

Je laisse donc la parole à Sach’on Chang Kyŏng-se (張經世 1547 – 1615) qui s’y connaissait en chevaux (en paysages et en poésie bouddhisante aussi).

홍진(紅塵)의 꿈 깨연 디 이십년(二十年)이 어졔로다
녹양방초(綠楊芳草)애 절로 노힌 말이 되여
시시(時時)히 고개랄 드러 님자 그려 우노라.

…tiré d’un rêve de terres rouges –vingt ans déjà, c’est comme hier–
cheval libéré, abîmé aux saules verts senteurs herbes
je tends le cou –IL me manque– encore et encore…

Alain Delissen
Président de l’AFPEC

 

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