Mot de la présidente

Ecrire le « mot du président » n’est pas chose facile, écrire celui de « la » présidente encore moins ! Surtout quand on a l’immense fierté d’avoir été élue par vous tous, chères et chers amis de l’AFPEC, première femme présidente de l’association.

Une fois passé le ravissement de recevoir un tel honneur, se pose la simple question pratique de devoir situer le « mot » traditionnel entre le sourcilleux confucianisme coréen et le discret plafond de verre français.C’est ainsi qu’avec le bureau, nous dûmes débattre à propos de la rubrique « Mot du président » du bulletin et du site : fallait-il la transformer en un « Mot de la présidente » par respect du genre, ou en un « Mot présidentiel » pour l’écriture épicène ? Le premier choix fut fait, et peu m’importe. De toute façon, je ne suis sans doute que la première d’une longue lignée de femmes qui viendront à leur tour présider notre belle association, très largement féminisée depuis sa fondation en 1985. Pendant plusieurs années, seules deux femmes furent membres du bureau, Martine Prost et Lee Byeong-joo. Elles ont toutes deux formé et accompagné des générations d’étudiants (dont je fus), sont toutes deux aujourd’hui membres d’honneur d’une association qui compte désormais environ 80 membres dont une cinquantaine de femmes.C’est d’abord à elles deux, figures tutélaires moins visibles que leurs homologues masculins, mais aussi inspiratrices des études coréennes, que je me relie en écrivant ces quelques mots.

Membre de l’AFPEC depuis plus de 20 ans, y ayant occupé plusieurs postes dont celui de trésorière pendant les six dernières années, je suis aussi immensément émue et heureuse de me voir confier la présidence d’une structure qui a joué un rôle autant significatif dans mon aventure coréenne. Sans l’AFPEC, ses conférences, ses « pots », ses journées des jeunes docteurs, ses bulletins, bref son environnement à la fois nourrissant intellectuellement et chaleureux humainement, je n’aurais pas pu m’engager avec autant d’enthousiasme dans l’étude de la langue et de la civilisation coréennes. Sans la « culture AFPEC » insufflée par une lignée de présidents extraordinaires comme Alexandre Guillemoz ou Marc Orange, je n’aurais pas lié autant d’amitiés savantes et fortes. Moi qui suis, comme tous les géographes, un peu nomade, je ne me sentirais pas aussi bien dans la maison des études coréennes.

En tant que présidente, j’aimerais pouvoir rendre à tous, mais particulièrement aux jeunes chercheurs et collègues, ce que j’ai reçu naguère de l’AFPEC.

L’enchaînement des choses veut que je succède à Alain Delissen, un ami et collègue avec qui je partage depuis fort longtemps cette aventure coréenne.C’est pour moi une source supplémentaire de joie. Il m’appartient de garder la dynamique qu’il a donnée ces dernières années, en pilotant des événements marquants comme les manifestations de l’anniversaire des Trente ans de l’AFPEC en juin 2015.

Dans un paysage culturel et savant où les études coréennes sont en pleine effervescence et où il se passe toujours quelque chose en Corée, l’AFPEC occupe un rôle important d’interface entre les générations, entre les institutions, entre les régions, entre les différents univers touchés par l’étude de la Corée (académique, scientifique, artistique, diplomatique, médiatique, etc.). Nos emplois du temps surchargés font qu’il n’est pas toujours facile de développer tous ces aspects, mais je m’engage à m’y employer, tout en conservant le côté amical voire familial, qui est le patrimoine le plus précieux de l’AFPEC.

Valérie Gelézeau

Paris, mai 2018

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